Communauté Chrétienne Saint-Timothée
Diocèse de Valleyfield (Québec) Canada

 

POURQUOI MEURT-ON ?

Ce n'est pas du côté de Dieu qu'il faut regarder pour répondre à cette question,
Dieu ne vient pas nous chercher mais il nous accueille à notre mort... ,
mais plutôt de notre côté à nous:

Nous mourons parce que nous sommes des êtres fragiles, vulnérables et mortels.
Une maladie, un accident, un âge avancé ou un geste provoquent la mort de notre corps.

Mais, aux yeux de Dieu et de nos proches, nous sommes « plus » que notre corps…
« Au fond, mourir n'est rien d'autre qu'un phénomène naturel et demeure relativement facile:
il s'agit de faire confiance à son corps, qui sait comment mourir »

Jean Montbourquette
Dans une perspective de Foi:
mourir c'est passer à une vie tout autre,
c'est passer à la vie de Dieu…

Nous, du American Journal of Hospice & Palliative Care, espérons que les équipes des hôpitaux ainsi que les familles,
sachant à quoi s’attendre, se sentiront aptes à continuer à prodiguer les soins attentifs à leur patient ou à leur être cher.
Nous exposerons les signes qui précèdent la mort chez la majorité des gens au moment où les systèmes du corps ralentissent, puis finalement cessent de fonctionner. ( 1-13 )

Chez certaines personnes, ces signes apparaissent quelques heures avant la mort alors que chez d'autres, il s'agit de quelques jours. Ces signes n’apparaissent toutefois pas dans un ordre particulier, et certaines personnes ne les auront pas tous.

Sur le plan physique, le corps commence un processus final d'arrêt qui se termine quand tous les systèmes physiques cessent de fonctionner. Il s'agit habituellement d'une série de changements physiques qui se produisent sans drame,
dans un certain ordre et qui ne constituent pas une urgence médicale nécessitant des interventions envahissantes.
Ces changements représentent un moyen normal et naturel que le corps adopte pour se préparer
à cesser de vivre
. Aussi, les mesures les plus appropriées pour y faire face sont celles qui visent à améliorer
le bien-être du malade.

La dynamique du processus de la mort intervient aussi sur le plan émotionnel, spirituel et mental.
L’esprit du mourant commence le processus final de libération du corps, de son environnement immédiat et de tous ses liens affectifs. Cette libération tend aussi à suivre ses propres priorités, dont notamment l'accomplissement de tâches concrètes non réglées ainsi que l'accueil de la permission de se "détacher" de l'entourage réuni.

Par le biais de ces réalisations, l'esprit se prépare de façon normale et naturelle au passage de cette vie à l'au-delà.
Quand le corps d'une personne est prêt et veut s'arrêter, mais que la personne n’a pas encore résolu une question importante
ou ne s’est pas réconciliée avec un être cher, elle peut vouloir rester, même si elle se sent mal ou affaiblie,
afin de régler cette situation.

Lui faciliter la chose, voilà un grand cadeau d'amour à offrir à l'être cher.

Les signes et symptômes physiques, émotionnels, spirituels et mentaux de la mort imminente, qui sont décrits ci-après,
vous aideront à comprendre les phénomènes naturels qui peuvent se produire et à intervenir de façon appropriée.
Ces signes et symptômes ne se produiront pas tous chez une même personne ni dans le même ordre.
En effet, chaque personne est unique et doit faire les choses à sa façon.
Alors, ce n'est pas le moment d'essayer d'imposer des changements, mais plutôt de manifester son accord,
d'offrir son soutien et d'assurer le bien-être du malade.

1- Réduction de la consommation de nourriture et de liquide

La personne peut avoir une baisse d'appétit et de soif, n'acceptant que peu ou pas de nourriture ou de liquide.
Le corps va naturellement commencer à emmagasiner l'énergie qui est habituellement déployée à ces tâches.
Aussi, il ne faut pas tenter de forcer la personne à consommer nourriture ou liquide ni la culpabiliser pour l'inciter à manger
ou à boire. Étant donné que l'hydratation normale est souvent impossible, il est plus paisible de décliner dans un état de déshydratation que d'excès liquidiens. De petits morceaux de glace ou des jus congelés et "popsicles"
peuvent rafraîchir la bouche.

2- Réflexe d’avaler

Soyez attentifs à la diminution du réflexe d'avaler et ne contraignez pas la personne à boire si elle tousse peu après.
Les réflexes nécessaires pour avaler peuvent être lents. Le corps de la personne lui indique quand il ne désire ou
ne tolère plus la nourriture et les liquides. La perte de ce désir est un signe que la personne se prépare à partir.
La déshydratation ne l'incommode plus. Des tampons imbibés de gelée lubrifiante (lubrifiant à l'eau soluble)
peuvent garder la bouche et les lèvres humides et hydratées.

3- Réduction de la socialisation

La personne peut vouloir rester seule, en compagnie d'une ou de quelques personnes seulement.
Il est naturel de ne pas avoir envie de socialiser quand on est affaibli et fatigué.
De plus, cette forme recherchée de solitude en est une de détachement progressif.
Il semble que nos mots peuvent parfois inciter la personne à rester éveillée.
Aussi, prenons soin de promouvoir une période de repos bénéfique quand c'est possible.
Rassurez la personne qu'il n'y a pas de problème à dormir.

4- Changement du mode de respiration

La respiration régulière de la personne peut changer dès le début d'un rythme différent.
Un mode particulier consiste à respirer de façon irrégulière avec des respirations superficielles
ou encore des périodes sans respirer de 5 à 30 secondes, suivies d'une respiration profonde.
Il peut également se produire des périodes de respiration rapide et superficielle dite de type haletant.
Quelquefois à l'expiration, il y a un son qui ressemble à un gémissement; ce bruit n'en est pas un de détresse,
mais plutôt le son de l'air qui traverse les cordes vocales relâchées.
Ces modes de respiration, très courants, traduisent un ralentissement de la circulation dans les organes internes.
Aussi, surélever la tête du malade et (ou) la tourner sur le côté peut apporter à celui-ci un certain bien-être.

De plus, prenez la main de l'être cher et parlez-lui doucement, de façon rassurante.

5- Congestion

La personne peut faire des gargouillements provenant de la poitrine et imitant le bruit d'un percolateur. Quelquefois, ces sons peuvent devenir très forts et être pénibles à entendre. Observez la personne; vous remarquerez qu'elle n’est généralement pas consciente de ce processus corporel. Cette situation vous affectera probablement davantage vous-même plus que le malade. La succion est habituellement inefficace et peut être éprouvante pour le malade. Vous pouvez lever la tête du lit
pour que les sécrétions restent basses et ne provoquent pas de nausées.

6- Changement de couleur du corps

Les bras et les jambes de la personne peuvent devenir froids, chauds et décolorés. Le dessous de la peau peut devenir
décoloré à mesure que la circulation ralentit. Ce phénomène indique que la circulation reste centrale pour
supporter les organes les plus importants.
Les températures irrégulières peuvent être attribuables aux messages
flous que transmet le cerveau. Gardez le malade au chaud s'il semble avoir froid mais n'utilisez pas de couvertures électriques.
Si la personne repousse continuellement les couvertures, alors laissez seulement un drap léger.

7- Permission de partir

Il peut être difficile de donner la permission à un être cher de partir, sans le culpabiliser et sans essayer de le garder
avec sa famille pour satisfaire ses propres besoins. Une personne mourante va communément essayer de rester
même si cela prolonge son malaise, afin de s’assurer que ceux qu'elle laisse derrière elle sont bien.
Une famille apte à rassurer le mourant et à le libérer de cette inquiétude
offre à l'être cher le plus grand cadeau d'amour qui soit.

Une famille apte à rassurer le mourant et à le libérer de cette inquiétude
offre à l'être cher le plus grand cadeau d'amour qui soit.

8- Faire ses adieux

Quand la personne est prête à mourir et que la famille arrive à la laisser partir, c’est le temps de lui faire ses adieux de façon personnelle. Cette formule amène la libération finale. Le simple fait de s’étendre sur le lit aux côtés de la personne, de lui tenir
la main et (ou) de lui dire tout ce qu'on veut lui dire, peut aider. Pleurer est une façon naturelle de faire la paix et de dire au revoir.
Nul besoin de cacher ses larmes ni de s'en excuser, c'est l'expression de l'amour.

9- Sommeil

La personne peut passer de plus en plus de temps à dormir et paraître peu communicative, passive et parfois difficile à réveiller.
Ce changement est normal et attribuable en partie aux changements métaboliques. Assoyez-vous près de l'être cher,
prenez-lui la main et ne lui parlez pas fort, mais plutôt d'une voix douce et naturelle.
Organisez-vous pour passer du temps avec elle quand elle est plus éveillée.
A ce stade-ci, il importe plus de passer du temps auprès de l'être cher que de faire des choses pour lui.
Parlez-lui directement et normalement, même s'il ne répond pas.
Ne présumez jamais que la personne ne peut pas vous entendre; apparemment, l'ouie est le dernier des sens à s'éteindre.

10- Agitation

La personne peut faire des mouvements agités et répétitifs comme tirer sur les draps de lit ou les vêtements.
Cette situation fréquente est attribuable à un ralentissement de la circulation au cerveau ainsi qu'aux changements métaboliques.
Ne soyez pas effrayés et n'essayez pas d'empêcher ni d'arrêter ces mouvements.
Pour produire un effet apaisant, parlez d'un ton calme et naturel à la personne, massez-lui doucement la main et (ou) le front,
faites-lui la lecture ou faites-lui entendre une musique douce.

11- Désorientation

La personne peut sembler perdre la notion du temps, des lieux et de l'identité des personnes qui l'entourent,
y compris les proches et la famille. Nommez-vous avant de lui parler plutôt que de lui demander de deviner qui vous êtes.
Parlez-lui doucement, clairement et honnêtement, quand vous devez lui faire part de quelque chose d’important
pour son bien-être comme par exemple qu'il est le temps de prendre ses médicaments.
De plus, expliquez-lui que c’est pour qu'elle n'éprouve pas de douleur .

12- Réduction de la miction

Il se produit habituellement une baisse de la quantité d'urine évacuée par le malade. De plus, cette urine,
qui peut être de couleur thé, est qualifiée d'urine concentrée. Ce phénomène est attribuable à la réduction d'apport
de liquides ainsi qu'au ralentissement de la circulation dans les reins et à la perte liquidienne due à la respiration.
Une infirmière peut établir si l'insertion ou l'irrigation d'un cathéter est nécessaire.

13- Incontinence

La personne peut perdre le contrôle de ses urines et (ou) de ses intestins et ce, à mesure que les muscles de cette région commencent à se relâcher. Des mesures de protection devraient être prises pour garder le malade propre et non incommodé.

Au moment de « ta » mort…
Quand tout est prêt, tes dernières heures se remplissent de calme et de paix.

Voyons les changements que ton entourage peut observer:

- Tes extrémités deviennent froides, parce que la circulation se retire vers les organes
vitaux pour maintenir une sensation de chaleur.
- Ta sensibilité diminue, atténuant ainsi la douleur si elle était encore présente.
Par contre, tu continues à rester sensible au toucher.
- Ton ouïe devient plus aiguë, ce qui fait que tu entends tout ce qui est dit autour de toi.
- Tu n'as pas de vision périphérique, il faut alors que les tiens s'approchent très près de
toi pour que tu les vois.
- Ton incapacité d'avaler les sécrétions causent un bruit qu'on appelle râle.
Ceci ne t'incommode pas et peut être enrayé facilement.
- Ta respiration change de rythme et peut devenir laborieuse.
- Comme certaines personnes, tu peux devenir inconscient. Ou comme d'autres
encore, tu peux demeurer conscient jusqu'à la fin, sans communiquer.
- Ta physionomie peut prendre une allure rayonnante. 
Ton cerveau gère bien ce processus… Fais-lui confiance...

( Jean Monbourquette )
Se choisir un guide, un accompagnateur...
Se relier aux morts devient aussi un phénomène courant pendant les derniers jours de vie terrestre.
Plusieurs mourants sentent la présence sécurisante d'une personne aimée qui les a précédés dans la mort.
Tu peux choisir ton guide afin de te rassurer devant ce monde de l'après-vie qui peut t'apparaître à la fois mystérieux et familier. Laisse venir l'image d'une personne en particulier avec qui tu te sens plus à l'aise, demande-lui si elle veut te recevoir à ta mort
et t'orienter dans l'au-delà.
 
Extrait du merveilleux livre: